Le
titre de l’œuvre nous place
dans l’univers intime du peintre,
puisque cette aquarelle fait partie
d’une série de nus représentant
sa femme Tavotte. Ici, plus qu’ailleurs
sans doute, la connaissance du modèle
transparaît dans l’assurance
et la vigueur du trait, dans le tracé
d’apparence simple et aisé,
dans les ombres et les modelés.
Comme dans tous les nus de Claude Groschêne,
le sujet est central, à taille
réelle, sur un fond volontairement
neutre, le regard tourné vers
nous. Le corps pose, s’expose
et impose sa texture, ses courbes, son
histoire, frappe par sa densité
et sa présence intérieure,
au-delà de la description et
de l’anecdotique. Il nous parle
dans le silence, nous emporte dans son
propre univers et cette plongée
dans l’indicible ressemble fort
à un voyage en mer, dans les
eaux profondes d’un être
inconnu et pourtant si proche.
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