Philippe GLEMET
Sans titre
Oeuvre acquise par le Conseil départemental de la Dordogne en 2005
L'univers de l'artiste

Depuis plusieurs années, Philippe Glémet conjugue son métier d'ébéniste avec son activité de peintre. Il y a dans cette démarche un long apprentissage, un goût d'abord précoce pour les antiquités, les objets anciens, puis une découverte progressive, émerveillée de l'histoire de l'art, et tout particulièrement du XXème siècle, d'Egon Schiele et de Francis Bacon, des premiers abstraits, de Wassily Kandinsky, de Paul Klee, de Nicolas de Staël, et enfin de Jackson Pollock avec sa technique du "dripping" et sa manière bien à lui de travailler par terre, autour et au-dessus de la toile. Philippe Glémet a fait sienne cette "posture" et a trouvé peu à peu le format qui lui convenait, un carré de 120x120. Son parcours est passé d'abord par le dessin, par le nu, la peinture figurative et l'aquarelle. Il y a "domestiqué" l'espace, l'équilibre des formes et des volumes. Mais son langage pictural était ailleurs, et c'est dans les produits spécifiques à son métier qu'il a trouvé les éléments de base d'une expression artistique volontairement abstraite : enduits, pigments, terres, colorants, colles, vernis, gommes-laques. Il utilise également des matières récupérées, qu'il nomme ses "poussières d'atelier" : bois vermoulus et surtout coupons de toile de coton dont il se sert pour vernir au tampon les meubles qu'il restaure. Ces carrés de tissus qui ne sont plus utilisables lorsqu'ils sont saturés de vernis se chargent alors d'une autre valeur. Ils deviennent, par leur assemblage, leur positionnement sur la toile, leur combinaison, les éléments déclencheurs d'une œuvre à venir. Ils sont la matière sur laquelle Philippe Glémet commence à créer. Avec l'acrylique, l'artiste travaille beaucoup par coulures, autant d"accidents" sur lesquels il peut intervenir ensuite aux pinceaux, au doigt ou avec divers ustensiles à décaper : les couleurs primitives, souvent fortes, violentes, sont "cassées", grattées, partiellement estompées, diluées, mélangées. La toile se nourrit de ces multiples gestes, de ces superpositions, de ces effacements qui en révèlent l'histoire telle un palimpseste. La surface s'anime, toute de reliefs, de creux, de signes, d'empâtements, de motifs apparaissant parfois comme les traces d'un passé, d'une réalité réinterprétés. Certaines toiles, presque monochromes, jouant sur l'harmonie des lignes horizontales et verticales, suggèrent des sentiments, des états d'âme intériorisés ; d'autres, par leurs couleurs plus vives, leurs compositions, imposent davantage leur climat. Toutes, volontairement sans titre, permettent de donner libre cours aux interprétations personnelles.
A l'occasion de l'exposition intitulée judicieusement "Toiles sur toile", Véronique Merlin-Anglade résumait "la grande traversée" de Philippe Glémet : "Hier, l'œuvre peinte était réaliste, aujourd'hui elle est abstraite et matérialiste.
La participation aux ateliers TRA au côté de Brigitte Kühlewind-Brennensthul a été l'un des jalons de cette transformation. La déchirure claire sur l'un des tableaux en est l'une des dernières traces, désormais, place à la construction monumentale à l'aide des tampons aux vernis détournés, aux nuances vibratoires des clairs et des foncés. Ces jeux d'opposition couleurs-matières, lumière-ombre, alliés à une répartition dissymétrique des masses créent l'espace et la dynamique du tableau. Les gammes colorées diversifiées des gris, jaunes, bleus montrent les différentes facettes d'une recherche intense".

 

 

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